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    La Russie en Afrique: une stratégie d’influence en mutation

    04/03/2026
    Soucieuse de continuer à apparaître comme une grande puissance, la Russie a réinvesti le continent africain depuis plusieurs années. Elle s’appuie sur un narratif reprenant celui de l’ancienne Union soviétique. Mais derrière les promesses de fraternité sans frontières, de partage de connaissances et de richesses, se trouvent d’autres objectifs moins avouables, comme le recrutement de combattants pour sa stratégie de chair à canon en Ukraine. Ces dernières années, le soft power, ou l’influence russe, s’est développé et transformé.
    C’est un studio de musique d’Abidjan où se tient un concours de chant discret, auquel assiste notre correspondant Benoit Almeras. On chante en anglais et en français, Alicia Keys, Garou, Lara Fabbian… Mais pour les candidats, l’horizon n’est pas New York ou Paris, c’est Moscou. L’enjeu de ce casting vocal : une participation au festival « La route de Yalta ». Organisé pour la première fois en 2019 dans cette station balnéaire de Crimée occupée, bien connue des amateurs d’histoire, il a désormais lieu au Kremlin, dans la capitale. On y célèbre les classiques russes et la « Grande guerre patriotique », comprendre la Seconde guerre mondiale. Une époque très lointaine pour ces candidats, jeunes et plus attirés par le voyage et la recherche de notoriété.
    Un des participants explique sa présence par « le fait que ce soit en Russie, un pays que je n’ai jamais imaginé découvrir. Ce serait aussi un tremplin pour moi et j’espère aussi que mon pays va reconnaître mon talent ». Pour voir Moscou, certains veulent se donner toutes les chances, comme ce candidat qui pousse l’hymne russe a capella.
    Lors de l’édition 2025, c’est un artiste ivoirien qui a représenté l’Afrique, et pas n’importe lequel : Emmanuel Désiré Boyer dit « Vova », vainqueur de l’édition 2024 de « The Voice Afrique Francophone ». À « La route de Yalta », il a été récompensé du prix du public pour Katyusha, chant patriotique de l’Armée Rouge, interprété en langue dioula.
    À l’origine de la participation de Vova, et de ce casting, Eben-Ezer Dion, coach vocal pour The Voice Afrique francophone. Ses liens avec la Russie remontent à plus de 20 ans : « J’ai étudié en Russie, je suis allé là-bas pour des études en musique, à l’Académie Gnessine, qui est une académie très prestigieuse là-bas. C’est après ça que je suis rentré au pays, et voici que je prends des initiatives pour faire avancer la musique en Côte d’Ivoire. Si vous voulez, c’est un prolongement, une manière de contribuer à l’action culturelle de la Russie dans l’Afrique francophone. C’est ce qu’on essaie de faire en partenariat avec l’association. »
    Festival de chants pour soutenir l’annexion forcée de la Crimée
    Cette association, c’est l’Aruci, Association des russophones de Côte d’Ivoire, créée en 2021. Sa présidente, Tatiana Rakitina assure qu’elle ne fait pas de politique : « Pour nous, c’est plutôt une opportunité pour la Côte d’Ivoire de sortir à l’étranger, de conquérir de nouveaux spectateurs. C’est plutôt un événement professionnel des amateurs de musique plus qu’un événement idéologique. » Pourtant, le festival de Yalta vise aussi à faire reconnaître la souveraineté russe sur la péninsule de Crimée, annexée de force par la Russie en 2014.
    Mais pour Tatiana Rakitina, comme pour le gouvernement de Moscou qui dénonce souvent la « russophobie » occidentale, c’est bien l’image de la Russie qui est attaquée. Bien qu’en Afrique, elle demeure positive selon elle : « Je peux vous dire que le visage de la Russie était bien brillant et souriant il y a quelques années. Maintenant, il y a dans certains pays une tendance à vouloir éliminer la culture russe ou diminuer sa valeur. Mais pas en Afrique. L’Afrique n’a jamais changé [envers la Russie]. »
    L’Aruci est aussi une organisation partenaire des Maisons russes. Officiellement des centres culturels, elles ont essaimé sur le continent, selon Lou Osborne, investigatrice du groupe All Eyes on Wagner : « On a vu une accélération de la diplomatie culturelle depuis 2024, avec une multiplication de l’ouverture de ces centres. Leur modèle est novateur : l’État russe ne peut aller aussi vite qu’il le voudrait, donc il a délégué une partie de ces ouvertures et de la gestion à des sociétés non-étatiques, ça leur permet d’aller plus vite. On remarque que c’est notamment là que se passe la partie la plus offensive du soft power, on dépasse la promotion de Pouchkine et de la langue russe. »
    La diplomatie culturelle russe a une tête de pont, c’est la Rossotrudnichestvo, un organisme officiel du ministère des Affaires étrangères russes, dirigé par Evgueni Primakov Junior, un très proche de Vladimir Poutine. C’est là notamment que se gèrent les bourses pour les étudiants africains, explique le chercheur sénégalais Ibrahima Dabo, lui-même passé par une université russe : « C’est à partir des années 2000 que la Russie a commencé à avoir des intérêts sur le continent africain. Dans ce contexte, des outils de l’époque soviétique ont été réadaptés. Rossotrudnichestvo a été créée en 2008 par un décret du président Dmitri Medvedev, mais c’est l’héritière d’une agence née en 1925 autour de la sœur de Léon Trotski. Cette agence est au cœur aujourd’hui des actions culturelles et humanitaires sur le continent, elle travaille avec des associations locales, notamment des réseaux d’anciens étudiants. La diplomatie éducative est devenue très importante. Rossotrudnichestvo gère les bourses d’étude, ce qui permet de développer son influence, et de donner une image d’ouverture, de montrer une bonne image de la Russie, des conditions d’accueil, de la qualité de l’enseignement. »
    Moscou a accéléré ses opportunités pour des milliers d’étudiants africains. Au Sénégal par exemple, on est passé de moins de 20 à 130 bourses en quelques années, selon Ibrahima Drabo.
    Saint-Valentin à la Maison russe, relais médiatiques et influenceurs
    Derrière Rossotrudnichestvo, certaines Maisons russes ont été montées comme des « franchises » dans l’écosystème Wagner, comme à Bangui, en Centrafrique, dont les canaux de communication multiplient les images d’enfants et de jeunes épanouis, devant des documentaires officiels russes, des films d’action à la gloire du groupe paramilitaire russe, durant des cours de russe, ou encore dernièrement lors d’une grande fête en chanson pour la Saint-Valentin. Son directeur, Dimitri Sityi, est conseiller du président centrafricain Faustin-Archange Touadéra, gestionnaire d’entreprises qui extraient or, diamant et bois, et à la manœuvre de multiples campagnes informationnelles anti-françaises, anti-américaines ou anti-Nations Unies.
    À Bangui, la Maison russe est devenue un lieu de socialisation, notamment pour des jeunes de milieu peu favorisés. On y fête Noël, on y candidate au championnat de slam, on y trouve aussi à prix modique les sachets d’alcool produits localement par Wagner.
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    Avec les médias comme Russia Today, de plus en plus présents sur le continent (Éthiopie, Sénégal), ou des organisations satellites comme Afrique média ou la radio Lengo songo en Centrafrique, ces centres culturels servent à véhiculer l’image d’une Russie ouverte, bienveillante, à l’opposé d’une Europe présentée comme décadente et xénophobe, voir tout simplement nazie.
    Un récit repris par un nombre grandissant d’influenceurs africains installés en Russie, valorisés par les algorithmes des réseaux sociaux, comme « l’Ivoirorusse ». « La Russie, c’est bien, j’exhorte tout le monde a visité la grande Russie de Poutine. C’est une très grande expérience », dit-il à ces plusieurs centaines de milliers de suiveurs sur TikTok, se félicitant de « commencer à oublier des mots de français ». Coiffé de sa chapka, « l’Ivoirorusse » est aussi un des promoteurs du programme Alabuga start qui permet officiellement à des jeunes femmes d’obtenir des formations et des diplômes dans cette zone économique spéciale du Tatarstan. Plusieurs enquêtes ont montré une réalité bien différente, et des mécanismes de « traites d’êtres humains », selon l’ONU.
    Le nouvel écosystème russe met en valeur les coopérations académiques avec la Russie et des opportunités de recrutement, dont on sait qu’elles peuvent conduire des jeunes hommes sur le front en Ukraine, et des jeunes femmes dans des usines de drones. « Ces réseaux de recrutement sont une nouvelle facette du soft power, ça permet à la Russie de façonner l’image donnée dans ces pays-là », analyse Lou Osborne, de All Eyes On Wagner. « C’est une Russie d’opportunités, pour une meilleure vie. Il y a une industrialisation de l’influence russe, avec une multiplication de canaux, un effort total médiatique, culturel, et des services de sécurité, au service de cette influence », ajoute-t-elle.
    Avec l’Église orthodoxe, « l’alliance du missel et du missile »
    La Russie loue les vertus présentées comme patriotiques et familiales, qui seraient les siennes et que partageraient les Africains. Pour cela, quoi de mieux que de se placer sous l’autorité divine, via sa propre église, l’Église orthodoxe russe, autonome depuis le schisme consécutif à l’invasion de l’Ukraine, et qui n’hésite pas à mettre les moyens pour attirer les clercs.
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    Comme au Cameroun, où Monseigneur Grégoire, métropolite orthodoxe grec, a vu avec surprise une église russe concurrente autorisée promptement par les autorités, quand lui a mis plus de cinq années à voir la sienne reconnue : « Ici, l’église russe n’a rien fait à part promettre à quelques prêtres de notre église qu’ils allaient leur donner de l’argent, plus que l’aide pastorale que nous distribuons chaque mois. Ils ont fait beaucoup de promesses : construire les églises, des écoles, donner des bourses aux prêtres, acheter des voitures. Mais jusque-là, ils n’ont rien fait à part louer une salle pour en faire une église. Ils ont envoyé quelques personnes à Moscou pour un séminaire de théologie, mais ils ont vu que le niveau de théologie et d’éducation est bien loin du niveau universitaire. Mais ils leur ont dit : "Ok, vous êtes prêts à rentrer en Afrique accomplir votre mission". Mais quel type de mission ? »
    Cette diplomatie religieuse n’est pas neutre, car l’église orthodoxe n’est pas une église comme une autre. Elle est étroitement imbriquée dans le pouvoir russe et le Kremlin, comme l’expliquait récemment sur RFI l’historien spécialiste du monde orthodoxe, Jean-François Colossimo : « C’est une progression opportuniste. Partout où il y a un clergé achetable, cette pseudo-église agit. Plus on monte dans la hiérarchie, plus elle est contaminée par le FSB [les services de renseignement russes, NDLR] et aux mains du Kremlin et de Poutine. L’Église russe n’a jamais été pensée comme une église internationale. Donc, si elle va en Afrique, c’est pour offrir le monde orthodoxe africain à Poutine. Ce sont eux qui bénissent la mère. L’Église bénie cette guerre, c’est l’alliance du missel et du missile. »
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    Selon des médias russes en exil, l’église orthodoxe du Kenya aurait participé au recrutement trompeur de combattants pour la guerre en Ukraine.
    Par ailleurs, plusieurs centaines de séminaristes seraient aujourd’hui en formation en Russie, selon une bonne source, qui parle de « projet à long terme » pour Moscou qui se voit comme « la troisième Rome ».
    Une montée du soft power russe que constate l’ambassadeur de l’Ukraine à Nairobi, Yurii Tokarx. « L’influence russe et les mesures qu’ils prennent sont très sérieuses et fortes. Il a récemment été publié que le budget de leur machine de propagande s’élevait à 1,5 milliard de dollars. Et, bien sûr, une grande partie de cette somme est destinée à l’Afrique », a-t-il affirmé à notre correspondante à Nairobi Albane Thirouard : « Cela s’accompagne d’opérations informationnelles très sophistiquées. Ils sont également présents sur les plateformes utilisées par les jeunes générations. Ils travaillent intensivement dans le but de pénétrer les pays grâce à ce qu’on appelle le soft power. Il est bien connu que des structures comme Rossotrudnichestvo ainsi que l’Église russe cherchent à s’implanter progressivement au sein des sociétés africaines. Mais comme on a pu le constater par la suite, cela peut évoluer vers des problèmes plus graves pour ces pays. Tous les pays ne comprennent pas ce qui est en train de se passer. Nous, nous avons une arme puissante que nous appelons la vérité, et nous essayons de nous battre avec les moyens dont nous disposons. Leur machine de propagande, elle, combat souvent avec des mensonges. »
    Au Kenya, la multiplication des témoignages sur les recrutements contraints pour la guerre en Ukraine a écorné l’image de la Russie. Reste à voir si cette réalité viendra enrayer le rouleau-compresseur de l’influence et de la communication mis en marche par Moscou. Le 25 février, l’Université de Nairobi a lancé un Centre africain pour l’étude de la Russie, en présence de l’ambassadeur russe.
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    Des sirènes russes au mouroir ukrainien: les combattants africains de Vladimir Poutine

    03/03/2026
    Ils seraient aujourd’hui entre 3 000 et 4 000. Au fil des mois et d’une guerre qui s’enlise, la Russie a accéléré le recrutement de combattants africains pour son invasion de l’Ukraine. Certains se retrouvent au front en connaissance de cause, d’autres par tromperie persuadés de quitter leur pays pour une place à l’université ou un emploi. Aujourd’hui, le voile se lève sur ce système de recrutement basé sur des agences de voyage et des opérateurs d’influence entre Moscou et le continent africain.
    En ce matin de début février, 200 personnes environ se retrouvent dans le jardin familial de Bibiana Wangari, à Mukurwe-Ini, dans le centre du Kenya, à un peu plus de 2h de route au nord de Nairobi. Ce sont des funérailles, mais la cérémonie se déroule sans corps et sans cercueil, constate Albane Thirouard, la correspondante de RFI. Des bougies ont été déposées sur une tombe symbolique en contrebas. Charles Waithaka, dit « Charlo », le fils de Bibiana, avait 30 ans. Parti en octobre en Russie, sa famille a perdu le contact vers Noël, et c’est sur Facebook que sa mère a appris son décès en Ukraine : « Je me suis réveillée un jour et la nouvelle était partout sur les réseaux sociaux. J’ai appris qu’il avait marché sur une mine. Avant de partir, il m’avait appelée pour me dire qu’il avait obtenu un emploi pour travailler en tant que mécanicien pour la construction d’un camp militaire. Une fois sur place, il m’a appelée pour me dire qu’il était en Russie. On a continué à parler, jusqu’au jour où il m’a dit qu’il allait être déployé sur le front. Il a pleuré, beaucoup pleuré. En tant que mère, ce n’était pas facile. Chaque jour il m’appelait en pleurant "maman, je veux rentrer au Kenya, ce n’est pas bien ici.". »
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    Le corps de Charles Waithaka n’a pas pu être rapatrié. Les présents lui rendent hommage. Un homme prend le micro, il vient de rentrer du front. « J’ai eu la chance de rentrer à la maison, témoigne Dancan. J’aurais pu finir comme ça. J’ai vu la mort de mes propres yeux. Je sais que ce n’est pas facile, vu comment la guerre se déroule là-bas : les gens meurent, et quand une personne meurt, le corps est juste laissé là, personne ne s’en occupe ».
    Dancan détaille son expérience : « J’ai l’impression d’avoir été trompé. Je suis allé là-bas, je pensais travailler comme chauffeur. Une fois arrivé, on m’a donné une formation militaire. Et même quand tu dis que tu ne veux pas faire ce travail et que tu veux rentrer chez toi, on te force à aller au front. Les Russes n’ont aucune humanité. Alors j’ai fait semblant d’être fou, on m’a envoyé à l’hôpital, et c’est comme ça que j’ai pu m’échapper. Mais je sais que beaucoup de Kényans sont encore là-bas. Ils cherchent des moyens d’en sortir et de rentrer chez eux mais ce n’est pas facile, c’est même très difficile. » Dancan affirme par ailleurs ne jamais avoir touché l’argent promis.
    « Il ne savait pas où il était exactement mais qu’il était au cœur de la guerre avec l’Ukraine »
    À plusieurs milliers de kilomètres de là, Mike – un nom d’emprunt – laisse un message vocal à RFI : « On est venu ici pour travailler, on nous avait dit que ce serait un travail dans la sécurité. Une fois arrivés en Russie, on s’est rendu compte que c’était un emploi militaire. Nous n’avions rien signé au Kenya, les recruteurs ont juste pris nos passeports pour arranger le visa et les billets d’avion. Ce n’est qu’une fois en Russie que nous avons signé des papiers mais tout était en russe donc nous ne comprenions pas. Nous les avons scannés avec nos téléphones et c’est là que nous avons compris que les documents que nous nous apprêtions à signer étaient des contrats dans l’armée. On attend. Ils vont nous emmener combattre. Mon ami et moi refusons d’y aller, nous cherchons à nous échapper. » Quelques jours plus tard, Mike prévient : il est parvenu à fuir et à quitter la Russie.
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    À Nairobi, l’association VOCAL Africa tente de venir en aide aux familles sans nouvelles de leurs proches. Julius Kimani Kamanu est venu accompagné de son père pour évoquer le cas de son frère, âgé de 26 ans, parti en Russie il y a plusieurs mois. Sur le téléphone de Julius, il y a une photo : trois hommes armés posant en tenue de combat. « C’est la dernière photo qu’il nous a envoyée, le dernier jour où nous avons pu communiquer avec lui, souligne Julius Kimani Kamanu. Il y a mon frère, Peter Kimemia, un homme que je ne connais pas qui est sûrement russe, et l’ami avec qui mon frère est parti. Il nous a dit qu’il partait pour un emploi de chauffeur donc quand nous l’avons vu comme ça en tenue militaire, ça nous a choqués ».
    Peter Kimemia Kamanu est parti en Russie avec un visa de visiteur, avec un billet d’avion aller-retour, pour un séjour de quelques jours à peine. Lui aussi a été trompé, affirme Julius : « L’agent lui avait dit qu’il allait travailler comme chauffeur en Russie. Avant de partir, mon frère vendait des téléphones et des ordinateurs. On lui avait promis un meilleur emploi en Russie avec un bon salaire. Il est arrivé en Russie le 22 octobre 2025 et il nous a informés qu’il était dans un hôtel en attendant plus d’informations. Quelques jours plus tard, il nous a informés qu’il avait été emmené dans un camp militaire et qu’il allait y recevoir une formation, puisque le travail de chauffeur se ferait dans un camp militaire. Donc, il a commencé sa formation militaire qui a duré moins d’une semaine. Puis, un jour, il nous a appelés à minuit, il était terrorisé. Il nous a dit qu’il ne savait pas où il était exactement mais qu’il était au cœur de la guerre avec l’Ukraine. C’était notre dernière communication, le 18 novembre. »
    Julius affirme que le numéro de l’agent avec lequel son frère communiquait n’est plus joignable. La famille a écrit aux autorités kényanes pour obtenir des nouvelles mais la demande n’a pas abouti.
    Les estimations du nombre de Kényans partis en Russie ne cessent de gonfler ces dernières semaines. Mi-février, le gouvernement a haussé le ton. Le ministre des Affaires étrangères a promis de se rendre à Moscou pour « enrayer » ce phénomène, alors que son bras droit dénonçait auprès des médias « un schéma inacceptable consistant à attirer des gens et à les faire mourir ».
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    « Parfois ils nous donnaient des coups de pied quand ils nous trouvaient en train de dormir »
    En Afrique du Sud, la politique de recrutement russe a pris une tournure politique. La fille de l’ex-président Jacob Zuma est visée par une enquête judiciaire pour son rôle dans l’envoi de 17 combattants sud-africains. Elle a dû démissionner de son poste de députée.
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    Elle est directement mise en cause par l’un d’entre eux, qui a répondu par écrit à notre correspondant à Johannesburg, Valentin Hugues, joignant photos et vidéo où on le voit en treillis dans la neige : « J'ai quitté l'Afrique du Sud, le 9 juillet 2025. Je suis venu en Russie parce que je n'avais pas de travail et que Duduzile Zuma [la fille de Jacob Zuma, NDLR], nous avait promis des emplois. Tout n'était que mensonges. Nous nous sommes retrouvés à nous entraîner à l’attaque, à utiliser des bombes et à creuser des abris, des toilettes, à manger de la nourriture avariée et périmée. Parfois, ils nous donnaient des coups de pied quand ils nous trouvaient en train de dormir et ils se moquaient que nous tombions malades. Il n'y avait pas de jours de repos. Ensuite, nous sommes partis vers le front et notre groupe a été séparé. Je ne sais pas où sont les autres. Nos familles et nos enfants nous manquent vraiment. C'est très douloureux : aidez-nous à rentrer chez nous, s'il vous plaît. »
    L’affaire fait grand bruit dans un pays membre des Brics où les partis russophiles MK ou EFF sont bien implantés au parlement. Au point que l’actuel chef de l’État, Cyril Ramaphosa, a téléphoné à Vladimir Poutine pour obtenir leurs rapatriements il y a quelques jours.
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    Impossible de savoir exactement combien de ressortissants africains portent aujourd’hui l’uniforme russe. Selon un rapport de l’Institut français des relations internationales, ils seraient de 3.000 à 4.000 sur 18.000 à 20.000 combattants étrangers. Le groupe d’investigation All Eyes on Wagner a obtenu une liste de 1 417 contractuels ayant servi entre 2023 et mi-2025. Ils sont originaires de 35 pays africains ; 316 sont décédés.
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    Les récits de combattants mettent en avant le rôle d'intermédiaires qui diffusent des promesses trompeuses.
    Des militaires ou anciens militaires sont notamment ciblés par le démarchage
    À Yaoundé, Richard Onanena a échangé avec l'un d'entre eux, un Camerounais qui s'est rendu à plusieurs reprises en Russie dans un cadre universitaire. Saluant les « convergences de valeurs » russo-africaines, il explique accompagner certains vers un recrutement dans l'armée : « Cette rémunération, elle est alléchante. Il y a une batterie de documents qui vous sont présentés. Vous avez la possibilité de lire ces documents, de les faire traduire, on ne peut pas vous enrôler de force dans l'armée. C'est un contrat où on vous dit combien vous serez payés, combien de temps vous devez servir, et quels sont les avantages que vous aurez et ainsi de suite. Si vous êtes d'accord vous signez, si vous n'êtes pas d'accord vous ne signez pas. Mais avant d'arriver à ce niveau, il y a déjà une présélection. On vérifie votre état et l'agent de recrutement décide si oui ou non vous êtes recruté, ce n'est pas automatique. Néanmoins, il est important de préciser qu'il y a des personnes, qui ne sont pas des Russes pour la plupart, qui vont se servir de la détresse de leurs frères africains, pour leur faire miroiter des choses qui parfois n'ont absolument rien à voir avec la vérité, et peut-être d'une manière ou d'une autre les convaincre, ou les contraindre. »
    Certaines recrues, en revanche, sont tout à fait conscientes de leur choix. Les militaires ou anciens militaires sont notamment ciblés par le démarchage. Les salaires promis sont par exemple dix fois supérieurs à ceux de l'armée camerounaise. Un militaire du BIR, bataillon d'intervention rapide, unité d'élite, explique comment il a vu certains de ses frères d'armes céder aux sirènes russes, à commencer par son cousin... Il évoque même des complicités au sein de la hiérarchie : « Il m’a dit que c’est un colonel qui a géré, c’est par le réseau de ce colonel qu’il a voyagé. Après deux semaines, je n’avais plus de ses nouvelles, son numéro ne passait plus, et jusqu’à maintenant, rien. Quand je suis entré en contact avec un autre collègue qui était là-bas, il m’a fait comprendre que les Camerounais qui étaient arrivés à cette époque, en mars-avril-mai 2024, étaient tous morts, parce que les attaques étaient très intenses. J’ai essayé d’en parler avec la famille, mais ils ne voulaient rien entendre, alors j’ai lancé un appel sur les réseaux sociaux, voir si je pouvais le retrouver. Un gars m’a répondu qu’il n’était plus en vie. Sa famille a honte de dire qu’il est mort, alors ils le cachent aux gens. »
    « Plein d’Africaines vantent le programme »
    Mais le front n’est pas la seule voie de recrutement pour de jeunes Africains. Via des influenceurs très suivis, la Russie promeut le programme « Alabuga start », qui s’adresse à des jeunes femmes étrangères de 18 à 22 ans. Selon ses promoteurs, ce sont des formations de qualité, tout inclus, il n’y a que des avantages. Mais dans cette zone économique spéciale du Tatarstan, on monte des drones pour bombarder l’Ukraine, comme l’ont documenté plusieurs enquêtes. Certaines pratiques peuvent être assimilées à de la traite d’êtres humains, ont mis en garde les Nations unies.
    Ce type de contenus attire l’attention, par exemple de Rebecca : « J’ai vu ça sur TikTok, je me suis inscrite. J’ai donné mon identité, copie de mon passeport. » Aide-soignante ivoirienne, elle a expliqué à Benoit Almeras, notre correspondant à Abidjan, avoir candidaté après avoir vu sur les réseaux « plein d’Africaines vanter le programme, le logement inclus, les avantages, la possibilité de rester en Russie ou de rentrer avec le certificat. Elles disent qu’elles sont bien à l’aise ».
    Des jeunes femmes comme Rebecca, il y en a des dizaines à Abidjan, attirées par la promesse d’une formation gratuite à l’étranger. La Russie prend le contre-pied de l’Europe où les démarches d’expatriation sont de plus en plus difficiles, et où le discours xénophobe s’impose. Et peu importe les risques encourus pour une jeunesse africaine urbaine prête à tenter sa chance au péril de sa vie.
    « Des sirènes russes au mouroir ukrainien : les combattants africains de Vladimir Poutine », un récit de François Mazet, à la réalisation de Pauline Leduc.
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    Haïti : à Solino, le retour des habitants dans un quartier meurtri

    02/03/2026
    Fin 2024, le quartier de Solino, à Port-au-Prince, est tombé aux mains des gangs. Pillages, incendies, affrontements : des centaines d’habitants ont fui pour échapper aux violences. En août dernier, les groupes armés ont annoncé leur retraite. Depuis, timidement, des familles reviennent. Elles retrouvent des maisons détruites et un climat sécuritaire toujours fragile. Malgré les promesses gouvernementales, l’aide tarde à arriver. Les habitants n’ont d’autres choix que de reconstruire seuls.
    Un Grand reportage de Justine Fontaine et Achim Lippold.
    « C’était un champ de guerre »
    Le père Gardy Maisonneuve, directeur de l’organisation humanitaire Sant Karl Levêque, nous conduit jusqu’à Solino. Il coordonne le programme gouvernemental « Retour au quartier », censé encourager les habitants à revenir et leur fournir un soutien financier.
    Pour atteindre Solino, nous traversons d’abord Christ-Roi, autre quartier autrefois considéré comme un « territoire perdu ». Ici aussi, les gangs ont laissé leur empreinte : impacts de balles sur les façades, maisons calcinées sans toit, grilles de fenêtres tordues par la chaleur. « C’était un champ de guerre », commente le père Gardy Maisonneuve, en pointant du doigt la limite jusqu’à laquelle les groupes armés ont pu avancer.
    L’activité reprend pourtant, timidement. On voit des étals du marché informel à nouveau installés sur le trottoir. « Les gens reviennent », observe le père Gardy Maisonneuve. La circulation reste clairsemée : « C’est moins dense qu’avant… c’est plus tranquille. »
    Des maisons saccagées, des vies à reconstruire
    À Christ-Roi, Marie Solange nous ouvre les portes de ce qu’il reste de sa maison. L’intérieur est plongé dans l’obscurité : il n’y a plus d’électricité. Les fils ont été arrachés par les gangs, probablement revendus au marché noir.
    Marie Solange ignore quand elle pourra vraiment revenir s’y installer. « L’ampleur des dégâts est énorme », dit-elle, encore sous le choc.
    Son voisin, Frantz Kelly, informaticien, regarde aussi sur les ruines de son habitation qui n’a même plus de toit. « Tout a brûlé », dit-il, en nous montrant les pièces qui servaient autrefois de salon, de salle de bain et de chambres. Sans ressources et sans aide des autorités haïtiennes pour reconstruire sa maison, un retour est difficile d’envisager. « Peut-être cette année encore, mais je n’ai pas encore de date », nous dit-il.
    Pierre, 60 ans, n’a pas eu le choix. Les conditions de son hébergement provisoire étaient intenables. Il est revenu vivre ici avec sa femme et ses cinq enfants, malgré l’état de la maison. « J’ai dû m’enfuir parce que les gangs ont tué beaucoup de gens, il y avait des cadavres par terre. Je suis parti avec le strict minimum ». Il nous conduit à l’étage et nous montre sa chambre, vide. « Les moustiques nous empêchent de dormir. J’ai mis des cartons à la place des vitres. Et des cartons par terre, sur lesquels je dors avec mon épouse. Je n’ai pas d’argent pour racheter des fenêtres ou des lits.
    Solino, paysage apocalyptique
    En arrivant dans le quartier de Solino, le décor se durcit encore : carcasses de voitures, maisons effondrées, rues presque désertes. Malgré le retrait des gangs, la sécurité n’est pas garantie. Nous sommes escortés par un policier et un habitant du quartier qui nous sert de guide. Nous rencontrons Joseph Hervé, ferronnier depuis plus de quarante ans, il travaille sur le trottoir. Son atelier a été saccagé, ses générateurs volés. « Je fabrique une porte avec une fenêtre. Quelqu’un un peu plus loin s’est fait arracher la sienne. Je vais l’installer dès qu’elle sera prête. ». Comme beaucoup, il ne reste que la journée et repart avant la tombée de la nuit. C’est le cas d’Henri aussi, venu inspecter sa maison. Il redoute le retour des gangs qui contrôle le quartier voisin de Bel-Air, à quinze minutes à pied.
    Revenir, faute d’alternative
    Une insécurité que Lovely, 21 ans, confirme : « Depuis plus d’une semaine, j’entends des tirs. On dit qu’il y a une opération de police à Bel-Air. Les balles sifflent jusqu’ici. On doit s’abriter derrière les murs pour éviter les balles perdues. ». On lui demande si la police prévient les habitants avant d’intervenir ?« Non ! », répond-elle. Lovely et sa famille ont pourtant décidé de rentrer. Ils n’avaient plus d’autre solution, explique sa mère, Célina. « J’ai tout perdu. Je n’ai gardé que mes deux mains et mes deux pieds. On a vécu dans un camp de déplacés, mais la situation était trop mauvaise. J’ai dû revenir. » Pour survivre, elles ont ouvert une petite épicerie au rez-de-chaussée : quelques produits de première nécessité, juste assez pour garder la tête hors de l’eau. Mais les besoins sont immenses. « Je vis de ce commerce, mais je ne peux pas réparer les portes ni les toilettes. Nous sommes cinq à dépendre de moi. Mon mari a fait une crise cardiaque après l’attaque. Il ne peut plus travailler. L’école demande déjà les frais d’inscription… je n’ai pas les moyens. »
    Un enjeu stratégique pour Port-au-Prince
    Le programme gouvernemental « Retour au quartier » affiche une ambition forte : reconstruire Solino et éviter qu’il ne retombe sous le contrôle des gangs.
    « Solino est comme la ceinture de Port-au-Prince », explique le père Gardy Maisonneuve. Sa position stratégique en fait un verrou pour la sécurité des hauteurs de la capitale. Mais pour un retour durable, les quartiers voisins doivent être pacifiés. Ce qui est loin d’être acquis.
    Se reconstruire avec un État absent
    Face à une école abandonnée criblée d’impacts de balles, un habitant exprime son scepticisme sur la capacité de la police haïtienne de repousser les gangs.
    « Les policiers sont des bluffeurs. Ce n’est pas aux gangs de se rendre, c’est à la police d’aller les chercher. Ici, nous n’avons rien. Pas d’eau, pas de nourriture. Ils doivent arrêter les gangs pour qu’ils n’aient plus que deux options : le cimetière ou la prison ».
    En attendant un soutien concret, les habitants nettoient les rues, ramassent les gravats, commencent à réparer tant bien que mal. Pour l’instant, à Solino, la reconstruction repose avant tout sur la résilience des habitants eux-mêmes.
  • Grand reportage

    «Le supplément du dimanche» du 1er mars 2026

    01/03/2026
    Nous commençons cette émission par une page environnement, cela intéresse tous les pays maritimes. En question, la protection des poissons face aux envahissantes activités de pêche. Pêcheurs de plus en plus nombreux, parfois clandestins, s'ajoutent aux chalutiers industriels de pus en plus grand... En 2è partie, direction l'Afrique du Sud dans le monde automobile, frappé par les taxes imposées par l'administration américaine. 
    Au Cambodge, parpaings contre chalutiers
    Comment protéger les poissons ? Surpêche, chalutage illégal : souvent bien difficile de repérer les fraudeurs. Le long des côtes cambodgiennes, une solution se dessine. 5 000 blocs de béton sont en train d’être disposés sous l'eau pour dissuader les pécheurs de venir traîner là leurs filets. Historiquement au Cambodge, on mange surtout du poisson d'eau douce issu du Mékong. Pour diversifier la ressource, on regarde maintenant vers la mer. Mais déjà, des menaces planent.
    Face aux techniques plus performantes de chalutage pirate, l’organisme MCC a donc développé un projet en béton.
    Un Grand reportage de Juliette Buchez (épaulée de Len  Len) qui s'entretient avec Jacques Allix.
    East London: en Afrique du Sud, une ville face aux taxes Trump
    Depuis plusieurs mois, Donald Trump cible directement l’Afrique du Sud. Dans ses discours, le président américain accuse Pretoria de ne pas protéger les fermiers afrikaners blancs, qu’il prétend victimes d’un « génocide ». (Rediffusion du 10 décembre 2025)
    Les démentis sud-africains n’y changent rien. Washington sanctionne : boycott du G20 organisé à Johannesburg, exclusion de l’Afrique du Sud du prochain sommet États-Unis/Afrique et, surtout, décisions économiques lourdes, notamment des droits de douane de 30% sur les exportations sud-africaines. Pour East London, ville du Cap-Oriental dont l’économie dépend largement de l’usine Mercedes-Benz, la punition américaine est un séisme.
    Un Grand reportage d'Alexis Bédu qui s'entretient avec Jacques Allix.
  • Grand reportage

    «Le supplément du samedi» du 28 février 2026

    28/02/2026
    Aujourd'hui, une édition spéciale Ukraine. L'invasion russe du pays vient d'entrer dans sa 5è année. Le front s'est quasi figé avec avantage aux forces russes. 20% du territoire dans l'Est, avec la Crimée conquise auparavant. En 2è partie, nous serons aux côtés de ces réfugiés qui continuent d'arriver en Pologne, il s'agit de ces Ukrainiens pour qui il était trop difficile de partir au début de la guerre. Souvent âgés ou handicapés, ils ne font qu'un passage par Varsovie avant un autre horizon.
    Face à la guerre : les Ukrainiens en quête de mémoire et justice
    Il y a 4 ans, la Russie lançait une guerre totale contre l’Ukraine. Fantassins à l'offensive dans l'est du pays, attaques massives de drones. Frappes de missiles dans tout le pays. Ces 4 dernières années ont aussi été marquées par des violations du droit international, des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité (documentés par l’ONU). Particulièrement en territoire occupé.
    Alors que les combats continuent, qu’un jeu de négociations se poursuit ; un double travail a commencé : au niveau sociétal, pour ne pas oublier victimes et prisonniers, et pour dénoncer les crimes commis par la Russie. Au niveau de la justice, pour construire un faisceau de preuves et de témoignages.
    Si tous les jours, d’autres violations viennent allonger la liste, cela n’annule pas les précédentes, et la justice, elle, se souvient…
    Un Grand reportage d'Emmanuelle Chaze qui s'entretient avec Jacques Allix.
    La Pologne, simple terre de transit pour Ukrainiens fragilisés 
    Depuis l’invasion partielle de l’Ukraine en 2022, 90% des réfugiés sont passés par la Pologne. Près d’un million d’Ukrainiens se sont établis dans le pays. Mais, avec le temps, la solidarité dopée par la peur de voir les Russes envahir le sol polonais s’est érodée. Un sentiment anti-ukrainien s’est même développé. Et les aides aux réfugiés se sont taries. Les Ukrainiens qui continuent de passer la frontière sont ceux qui étaient malades ou infirmes ou trop précaires, pour fuir dès le départ.
    Ils ont souvent besoin d’un accompagnement, et ne sont accueillis que par des bénévoles, qui leur proposent de migrer vers d’autres pays.
    Un Grand reportage d'Adrien Sarlat qui s'entretient avec Jacques Allix.

About Grand reportage

RFI propose un grand reportage réalisé par les envoyés spéciaux et les correspondants de la rédaction, partout dans le monde. Diffusion du lundi au jeudi vers toutes cibles à 19h40 TU. Et à 03h10 TU du mardi au vendredi. Le samedi et le dimanche à 09h10 TU, Jacques Allix, rédacteur en chef de l'information monde vous présente une version enrichie, sur 50 minutes avec la diffusion de deux Grands Reportages et à l’issue, un entretien avec leurs auteurs. 
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