3444 episodes
- Votre prénom peut-il prédire vos résultats au baccalauréat ? Aussi étonnant que cela puisse paraître, les statistiques montrent des différences spectaculaires selon les prénoms.
En 2015, le sociologue Baptiste Coulmont a analysé les résultats d’environ 350 000 candidats au baccalauréat général et technologique ayant obtenu au moins 8 sur 20, et dont les résultats étaient accessibles.
Et les chiffres sont saisissants.
Parmi les 328 candidates prénommées Joséphine, 22 % ont obtenu la mention « très bien ». Chez les 982 Dylan, cette proportion tombe à seulement 2,6 %. Autrement dit, les Joséphine ont été proportionnellement huit fois plus nombreuses à décrocher cette distinction.
Et ce n’est pas tout !
Toujours en 2015, plus de 20 % des Diane et des Alice ont décroché la mention « très bien ». À l’autre extrémité, seuls 0,8 % des 247 Bryan ont obtenu cette distinction. Les Mohamed et les Anissa affichaient également des taux inférieurs à 2 %.
Entre ces extrêmes, certains prénoms se situent dans la moyenne. Ainsi, environ 11,5 % des 4 000 Camille ont obtenu une mention « très bien ». Exactement la même proportion que les 200 candidats prénommés Alban.
Ces différences se retrouvent d’une année à l’autre.
En 2014, 21,7 % des 341 Adèle avaient décroché une mention « très bien », contre seulement 2,4 % des 205 Wendy.
En 2016, ce sont les Diane qui arrivent en tête : 26 % des 245 candidates obtiennent la meilleure mention. Suivent notamment Esther avec 25 %, Joséphine avec 24 %, Alice avec 23 % et Victoire avec environ 22 %.
À l’inverse, seulement 1 % des Bryan obtiennent cette mention, 2 % des Dylan, 3 % des Jordan et environ 4 % des Kevin.
Mais pourquoi de tels écarts ?
La réponse tient principalement à l’origine sociale. Les prénoms sont socialement marqués : certaines familles favorisées choisissent plus fréquemment des prénoms comme Joséphine, Diane ou Apolline, tandis que Dylan ou Bryan sont davantage associés à certains milieux populaires.
Or, les enfants de familles favorisées disposent statistiquement de meilleures conditions pour réussir leurs études.
Le prénom révèle aussi des différences de parcours scolaire : certains sont beaucoup moins représentés parmi les candidats au bac que parmi les enfants nés dix-huit ans auparavant.
Attention, donc : ces chiffres ne mesurent pas l’intelligence et ne prédisent pas le destin d’un individu. Ils illustrent une corrélation, non une causalité.
Ce n’est pas le prénom qui détermine la réussite scolaire, mais les inégalités sociales qu’il peut contribuer à révéler.
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. - Johannes Gutenberg est l’un des hommes qui ont le plus profondément changé l’histoire de l’humanité. Pourtant, l’inventeur de l’imprimerie moderne n’a jamais fait fortune grâce à sa découverte. Pire encore : il a perdu le contrôle de son entreprise au profit de celui qui l’avait financée.
Comment expliquer un tel paradoxe ?
Tout commence vers 1450, à Mayence, dans l’actuelle Allemagne. Gutenberg met au point un procédé révolutionnaire : l’impression à l’aide de caractères métalliques mobiles, réutilisables et assemblés pour former des pages entières.
Certes, des techniques d’impression existaient déjà en Asie. Mais Gutenberg perfectionne en Europe un système permettant de reproduire les textes beaucoup plus rapidement qu’en les recopiant à la main.
Seulement, son invention coûte extrêmement cher à mettre en œuvre. Il faut fabriquer les caractères, construire les presses, acheter du papier et rémunérer les ouvriers.
Gutenberg manque d’argent.
Il fait alors appel à Johann Fust, un riche bourgeois de Mayence, qui lui avance environ 1 600 florins en plusieurs versements. Une somme considérable.
Grâce à cet investissement, Gutenberg entreprend l’impression de sa célèbre Bible à 42 lignes. Environ 180 exemplaires sont produits, une prouesse extraordinaire pour l’époque.
Mais avant même que cette innovation puisse lui rapporter une fortune, la situation tourne au cauchemar.
En 1455, Fust réclame le remboursement des sommes avancées, augmentées des intérêts. Gutenberg ne peut satisfaire ses exigences.
L’affaire se termine devant la justice.
Les documents conservés ne permettent pas de reconstituer entièrement le jugement. Mais Gutenberg perd vraisemblablement une grande partie du matériel et de l'activité consacrée à l'impression de sa Bible.
Fust, lui, s'associe à Peter Schöffer, ancien collaborateur de Gutenberg. Ensemble, ils développent une imprimerie prospère, exploitant et perfectionnant cette technologie révolutionnaire.
Gutenberg se retrouve ainsi privé d'une grande partie des bénéfices commerciaux de son innovation.
Il semble avoir poursuivi certaines activités d'impression, mais sans retrouver la position dominante qu'il aurait pu espérer.
Son sort s'améliore finalement en 1465, lorsque l'archevêque de Mayence, Adolphe de Nassau, le nomme parmi les membres de sa cour.
Contrairement à une idée répandue, il ne s'agit pas véritablement d'un anoblissement. Gutenberg reçoit surtout des avantages matériels : des vêtements, du grain, du vin et des exemptions fiscales. De quoi lui assurer une certaine sécurité.
Il meurt en 1468, sans avoir accumulé de grande fortune.
L'ironie de l'histoire est saisissante : Gutenberg a permis la diffusion massive des connaissances, transformant durablement la religion, la science et la culture européennes.
Mais celui qui a révolutionné la circulation des idées n'a jamais réussi à transformer son génie en richesse personnelle.
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. - « Ce film est basé sur une histoire vraie. » « Cette décision est basée sur des faits scientifiques. » « Mon raisonnement est basé sur une étude récente. »
Ces expressions vous semblent parfaitement naturelles ? Pourtant, selon l’Académie française, elles sont toutes incorrectes !
Pourquoi ? Parce que l’expression « basé sur » serait un anglicisme, autrement dit une construction empruntée à l’anglais.
Pour comprendre, il faut revenir à l’origine du verbe « baser ».
En français, le mot « base » désigne d’abord ce sur quoi repose quelque chose : la base d’un bâtiment, d’une colonne ou d’une construction. Le verbe « baser » a ensuite été utilisé dans le vocabulaire militaire.
On peut ainsi dire qu’une unité militaire est « basée » dans une ville, ou que des troupes sont « basées » près d’une frontière. Il s’agit alors de leur lieu de stationnement.
Mais lorsque nous affirmons qu’un film est « basé sur » une histoire vraie, nous employons le verbe dans un sens figuré, pour signifier qu’il repose sur cette histoire.
Et c’est précisément cet emploi que critique l’Académie française.
En anglais, l’expression « based on » est parfaitement correcte et extrêmement courante. On dira par exemple « based on a true story », pour désigner un film inspiré de faits réels.
Sous l’influence de l’anglais, cette construction s’est progressivement imposée dans notre langue, au point de devenir presque automatique.
Pourtant, le français dispose déjà de plusieurs expressions équivalentes.
Plutôt que « un raisonnement basé sur des faits », on préférera « un raisonnement fondé sur des faits ».
Plutôt que « une décision basée sur des statistiques », on pourra dire « une décision établie à partir de statistiques ».
Et plutôt que « un film basé sur une histoire vraie », on choisira « un film inspiré d’une histoire vraie ».
Cette question linguistique ne date d’ailleurs pas d’hier.
Au XIXe siècle, le philosophe et homme politique Pierre-Paul Royer-Collard s’opposa tellement à l’entrée du verbe « baser » dans le dictionnaire de l’Académie qu’il aurait lancé cette formule célèbre : « S’il entre, je sors ! »
Mais attention : tous les linguistes ne partagent pas aujourd’hui la sévérité de l’Académie. Certains dictionnaires, notamment Usito, reconnaissent parfaitement l’emploi figuré de « baser sur », désormais très répandu.
Il ne s’agit donc pas d’une erreur universellement reconnue, mais d’un usage contesté.
Alors, pour éviter toute critique et privilégier un français soigné, un conseil : remplacez « basé sur » par « fondé sur », « établi sur » ou « reposant sur ».
Une petite modification qui suffit à respecter les recommandations de l’Académie française !
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. - En 1910, à Paris, un tableau exposé au prestigieux Salon des Indépendants attire l’attention. Son titre : Et le soleil s’endormit sur l’Adriatique, également appelé Coucher de soleil sur l’Adriatique. Son auteur : Joachim-Raphaël Boronali, un mystérieux peintre italien.
La toile présente des couleurs vives, des formes indistinctes, une composition presque abstraite. Certains critiques y voient une audacieuse expression de l’art moderne. D’autres sont plus sceptiques.
Mais personne ne soupçonne l’incroyable vérité : le tableau a été peint par un âne !
Derrière cette supercherie se cache Roland Dorgelès, un jeune écrivain français, futur auteur des Croix de bois. Avec quelques complices, il décide de ridiculiser les excès de la peinture d’avant-garde, qu’il juge parfois incompréhensible et prétentieuse.
Son idée est simple : démontrer qu’une œuvre produite au hasard peut être prise au sérieux dès lors qu’elle est présentée comme de l’art.
Le 8 mars 1910, Dorgelès se rend au Lapin Agile, célèbre cabaret de Montmartre. Il emprunte Lolo, l’âne du propriétaire, et lui attache un pinceau à la queue.
Devant une toile blanche, les complices offrent à l’animal des carottes et des feuilles de tabac. Chaque mouvement de sa queue dépose de nouvelles traces de peinture.
En trois quarts d’heure environ, le chef-d’œuvre est terminé !
Pour rendre la mystification crédible, Dorgelès invente un artiste italien, Joachim-Raphaël Boronali. Un nom qui n’est autre que l’anagramme d'Aliboron, appellation traditionnelle de l’âne.
Il imagine même un mouvement artistique fictif : l’« excessivisme », censé révolutionner la peinture.
Le tableau est accepté au Salon des Indépendants, une exposition sans jury de sélection. Puis Dorgelès révèle publiquement la supercherie, preuves photographiques et constat d’huissier à l’appui.
L’affaire provoque un immense éclat de rire, mais aussi un débat passionné.
Dorgelès voulait dénoncer l’autorité artificielle que peuvent conférer un cadre, une signature prestigieuse ou une exposition.
Quelques années plus tard, Marcel Duchamp posera, dans un esprit différent, une question voisine en présentant des objets ordinaires comme des œuvres d’art, notamment son célèbre urinoir en 1917.
Mais le paradoxe le plus fascinant reste ailleurs.
Si une peinture provoque une émotion esthétique, cette émotion disparaît-elle lorsqu’on découvre qu’elle a été réalisée par un animal ?
Autrement dit, la valeur d’une œuvre dépend-elle de ce que nous voyons, ou de ce que nous croyons savoir de son créateur ?
Plus d’un siècle après, l’âne Lolo continue ainsi de poser une question fondamentale : qu’est-ce qui fait véritablement d’un objet une œuvre d’art ?
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. - Vous avez certainement déjà entendu quelqu’un dire : « Il nous a fait tout un laïus ! » Cette expression désigne généralement un discours interminable, parfois ennuyeux, dans lequel une personne parle beaucoup sans forcément dire grand-chose.
Mais savez-vous que ce mot vient directement de la mythologie grecque et d’un concours d’entrée à l’École polytechnique ?
Pour comprendre cette origine étonnante, il faut remonter à l’année 1804.
À cette époque, l’École polytechnique, fondée dix ans plus tôt, forme les futurs ingénieurs et scientifiques français. Mais les mathématiques ne sont pas les seules matières évaluées. Les candidats doivent également démontrer leur maîtrise de la langue française et leurs capacités d’expression.
Cette année-là, on leur propose un sujet de composition littéraire particulièrement original : imaginer un discours prononcé par Laïus, un personnage de la mythologie grecque.
Mais qui était Laïus ?
Dans la célèbre légende d’Œdipe, Laïus est le roi de Thèbes et le père d’Œdipe. Un oracle lui avait prédit qu’il serait un jour tué par son propre fils. Pour échapper à ce destin, il avait ordonné l’abandon de son enfant.
Mais des années plus tard, les deux hommes se rencontrent à un carrefour, sans connaître leur véritable identité. Une dispute éclate et Œdipe tue son père, accomplissant ainsi la prophétie.
Revenons maintenant aux candidats de Polytechnique.
Leur exercice consistait à imaginer les paroles que Laïus aurait pu prononcer face à Œdipe. Et, selon le récit traditionnel, les étudiants se montrèrent particulièrement inspirés, rédigeant de longues dissertations.
L'exercice marqua suffisamment les esprits pour que le nom de Laïus devienne, dans l’argot de l’école, un terme désignant un discours ou un exposé.
Progressivement, le mot sortit des murs de Polytechnique pour entrer dans le langage courant.
Au XIXe siècle, « laïus » finit par désigner plus particulièrement un discours long, pompeux, voire creux. On disait notamment « piquer un laïus » pour signifier prononcer un discours.
Aujourd’hui, lorsqu’on reproche à quelqu’un de « faire un laïus », on sous-entend généralement qu’il parle trop longtemps, parfois inutilement.
Et voici le détail le plus amusant : Laïus, ce roi mythologique qui a donné son nom aux discours interminables, n’était absolument pas célèbre pour ses talents d’orateur !
Son nom est simplement devenu synonyme de bavardage à cause d’un exercice scolaire organisé il y a plus de deux siècles.
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
More Education podcasts
Trending Education podcasts
About Choses à Savoir - Culture générale
Développez votre culture générale. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Podcast websiteListen to Choses à Savoir - Culture générale, The Comeback with Brenda Dennehy and many other podcasts from around the world with the radio.net app

Get the free radio.net app
- Stations and podcasts to bookmark
- Stream via Wi-Fi or Bluetooth
- Supports Carplay & Android Auto
- Many other app features
Get the free radio.net app
- Stations and podcasts to bookmark
- Stream via Wi-Fi or Bluetooth
- Supports Carplay & Android Auto
- Many other app features


Choses à Savoir - Culture générale
Scan code,
download the app,
start listening.
download the app,
start listening.
Choses à Savoir - Culture générale: Podcasts in Family









































