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    La Guerre de Cent ans

    06/04/2026 | 2 mins.
    La Guerre de Cent Ans est l’un des conflits les plus célèbres de l’histoire européenne… mais aussi l’un des plus mal compris. D’abord, elle ne dure pas exactement cent ans : elle s’étend sur 116 ans, entrecoupés de longues périodes de trêve.
    À l’origine, il ne s’agit pas d’une guerre entre deux nations comme aujourd’hui, mais d’un conflit dynastique. Le roi d’Angleterre, Édouard III, revendique le trône de France après la mort du dernier roi capétien sans héritier direct. En face, les Français soutiennent Philippe VI. Deux légitimités s’opposent : c’est le point de départ.
    Très vite, la guerre tourne à l’avantage des Anglais. Ils remportent plusieurs victoires spectaculaires, notamment grâce à leur arme redoutable : l’arc long, capable de décimer la chevalerie française. Des batailles comme Crécy ou Azincourt deviennent des symboles de défaites françaises humiliantes.
    Mais ce conflit n’est pas seulement militaire. Il s’inscrit dans une période de crise profonde : famines, épidémies (notamment la peste noire), instabilité politique… La France est affaiblie de l’intérieur, ce qui facilite les avancées anglaises.
    Un tournant décisif survient au XVe siècle avec une figure devenue mythique : Jeanne d’Arc. Cette jeune paysanne affirme avoir reçu une mission divine pour sauver la France. Elle redonne espoir aux troupes françaises et permet notamment la levée du siège d’Orléans en 1429. Son intervention marque un changement psychologique majeur.
    Progressivement, la France reprend l’avantage. Elle modernise son armée, développe l’artillerie, et parvient à reconquérir les territoires occupés. En 1453, les Anglais ne contrôlent plus qu’une petite partie du territoire français : la guerre est pratiquement terminée.
    Mais l’essentiel est ailleurs. La guerre de Cent Ans transforme profondément l’Europe. Elle contribue à faire émerger un sentiment d’identité nationale, aussi bien en France qu’en Angleterre. Elle marque aussi le déclin de la chevalerie traditionnelle au profit de nouvelles formes de guerre plus modernes.
    En résumé, cette guerre n’est pas seulement une longue série de batailles : c’est un moment clé où le Moyen Âge bascule vers une nouvelle époque, plus centralisée, plus politique… et déjà un peu moderne.

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    BONUS - Le Meilleur des mondes d'Aldous Huxley: Quand la vision façonne un écrivain

    04/04/2026 | 1 mins.
    À 16 ans, Huxley tombe gravement malade. Une infection oculaire — une kératite — détruit presque entièrement sa vision. Pendant des mois, il est pratiquement aveugle. Lui qui était destiné à une carrière scientifique, comme beaucoup dans sa famille, voit son avenir s’effondrer.
    Lire devient impossible. Écrire aussi.
    Pour un jeune homme brillant, c’est un choc immense. Il sombre dans une forme de désespoir silencieux.
    Et pourtant, contre toute attente, sa vision commence lentement à revenir. Pas complètement. Jamais complètement. Mais suffisamment pour qu’il puisse, avec des efforts considérables, reprendre la lecture.
    Ce détail est essentiel : Huxley ne voit jamais “normalement” ensuite. Toute sa vie, lire lui demande une concentration extrême. Écrire est un effort physique.
    Et c’est précisément là que l’anecdote devient fascinante.
    Parce que cette fragilité va façonner son rapport au monde.
    Huxley développe une obsession pour la perception. Comment voit-on réellement ? Que filtre notre cerveau ? Qu’est-ce que la réalité ?
    Ce ne sont pas des questions abstraites pour lui. Elles sont vécues, presque charnelles.
    Plus tard, il s’intéresse à des méthodes alternatives pour améliorer la vision, notamment la méthode Bates. Il affirme même avoir amélioré ses capacités visuelles grâce à des exercices — ce qui reste controversé, mais en dit long sur sa quête.
    Et quand il écrit Brave New World, ou plus tard ses essais, il le fait avec cette conscience aiguë : notre perception du monde est limitée, conditionnée, fragile.
    Autrement dit, Huxley n’est pas seulement un écrivain qui imagine des sociétés futuristes. C’est quelqu’un qui a, très concrètement, fait l’expérience d’un monde presque sans images.
    Et qui a dû le reconstruire.
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    Le Meilleur des Mondes d'Aldous Huxley

    03/04/2026 | 2 mins.
    Paru en 1932, Le Meilleur des Mondes de Aldous Huxley est l’un des romans les plus troublants du XXe siècle. Contrairement à d’autres dystopies fondées sur la peur et la répression, Huxley imagine un monde où le contrôle passe par… le plaisir.
    L’histoire se déroule dans une société futuriste où tout est parfaitement organisé. Les êtres humains ne naissent plus naturellement : ils sont conçus en laboratoire, puis conditionnés dès l’enfance pour appartenir à une caste — des Alpha, intelligents et dirigeants, jusqu’aux Epsilon, destinés aux tâches les plus simples. Chacun est programmé pour aimer sa place. Littéralement.
    Le cœur du système repose sur une idée simple : éviter toute souffrance pour empêcher toute révolte. Ici, pas de guerre, pas de pauvreté, pas de conflits majeurs. Mais à quel prix ?
    Les émotions profondes, les attachements durables, la famille… tout cela a disparu. À la place, les individus consomment, se divertissent et prennent une drogue appelée « soma », qui efface instantanément toute angoisse ou tristesse. Le bonheur est devenu une obligation sociale.
    Dans ce monde, la liberté n’est pas supprimée par la force — elle est rendue inutile.
    Huxley oppose cette vision à celle, plus brutale, décrite plus tard par George Orwell dans 1984. Chez Orwell, le pouvoir contrôle par la surveillance et la peur. Chez Huxley, il contrôle par le plaisir et la distraction. Deux visions opposées, mais une même question : qu’est-ce qu’une société libre ?
    Le roman prend une dimension encore plus forte à travers le personnage de John, surnommé « le Sauvage ». Élevé en dehors de cette société, il découvre ce monde aseptisé et en perçoit immédiatement les failles. Pour lui, une vie sans douleur, sans amour véritable, sans choix réel… n’est pas une vie humaine.
    Dans une scène célèbre, il revendique le droit d’être malheureux. Une idée presque choquante dans cet univers où tout est fait pour éviter la souffrance.
    Ce que montre Huxley, avec une lucidité presque prophétique, c’est que le danger pour nos sociétés ne vient pas toujours de la tyrannie visible. Il peut venir d’un excès de confort, de divertissement et de contrôle invisible.
    Aujourd’hui, entre les algorithmes qui captent notre attention, les antidépresseurs, et la quête permanente de bien-être, certains voient dans Le Meilleur des Mondes une œuvre étrangement actuelle.
    La question posée par Huxley reste donc entière : et si le pire des mondes n’était pas celui qui nous opprime… mais celui qui nous satisfait au point de ne plus vouloir être libres ?
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    BONUS - La guerre froide culturelle: Peindre la liberté (même avec une serpillière)

    02/04/2026 | 1 mins.
    Dans les années 1940, J. Pollock abandonne les pinceaux traditionnels. Il pose ses toiles directement au sol, dans son atelier, et commence à peindre en marchant autour. Il utilise des bâtons, des couteaux, parfois même des seringues… et surtout, il verse, projette, laisse couler la peinture.
    Mais le détail qui frappe, c’est qu’il lui arrive d’utiliser des outils totalement improbables : des morceaux de bois, des vieux pinceaux durcis… et même des serpillières.
    Oui, des serpillières.
    Il trempe, traîne, éclabousse. La peinture n’est plus appliquée, elle est “jetée” dans l’espace. Ce qui compte, ce n’est plus seulement le résultat, mais le geste, le mouvement, presque la performance.
    Un jour, le photographe Hans Namuth décide de le filmer au travail. Les images sont frappantes : Pollock tourne autour de la toile, se penche, projette la peinture avec une précision étrange. On dirait une danse.
    Et c’est là que tout bascule.
    Ces images vont faire de lui une star. Pas seulement un peintre, mais une incarnation de la liberté artistique américaine : spontanée, radicale, impossible à cadrer.
    À l’époque, ce style choque en Europe. En Union soviétique, il est carrément incompréhensible. Trop libre, trop chaotique, trop éloigné de l’art figuratif imposé par le réalisme socialiste.
    C’est précisément pour cela qu’il devient, presque malgré lui, un symbole.
    Dans les années 1950, des institutions américaines — parfois avec des liens indirects avec des agences gouvernementales — soutiennent la diffusion internationale de ce type d’art. L’idée est simple : montrer que, dans le monde libre, un artiste peut peindre comme il veut. Même avec une serpillière.
    Pollock, lui, n’a rien d’un stratège politique. Il lutte contre l’alcool, doute de son travail, et supporte mal sa célébrité. Mais son art va devenir un outil d’influence.
    C’est ce contraste qui rend l’histoire intéressante.
    D’un côté, un homme instable, qui expérimente dans son atelier. De l’autre, une superpuissance qui transforme ce geste en message idéologique.
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    La guerre froide culturelle

    01/04/2026 | 3 mins.
    La guerre froide ne s’est pas seulement jouée avec des missiles et des espions. Elle s’est aussi déroulée dans les musées, les librairies… et même les salles de cinéma. C’est ce qu’on appelle la « guerre froide culturelle » : une bataille d’influence où les États-Unis et l’Union soviétique cherchaient à imposer leur vision du monde à travers l’art et les idées.
    Du côté américain, un acteur clé va jouer un rôle discret mais décisif : la Central Intelligence Agency, plus connue sous le nom de CIA. Dès la fin des années 1940, elle met en place une stratégie secrète pour promouvoir la culture occidentale — et affaiblir l’attrait du communisme.
    Pourquoi l’art ? Parce qu’il touche les esprits de manière subtile. Là où un discours politique peut être rejeté, une œuvre artistique peut séduire, inspirer… et influencer durablement.
    La CIA va ainsi financer, souvent sans que les artistes le sachent, des revues littéraires prestigieuses, comme Encounter, ou soutenir des maisons d’édition, des festivals, et même des tournées d’orchestres. Elle passe notamment par une organisation écran : le Congress for Cultural Freedom, fondé en 1950, qui devient un véritable réseau mondial d’intellectuels, d’écrivains et d’artistes.
    Mais l’un des aspects les plus fascinants concerne les arts visuels. Les États-Unis vont promouvoir un courant artistique bien particulier : l’expressionnisme abstrait, incarné par des peintres comme Jackson Pollock ou Mark Rothko. Ces œuvres, souvent difficiles d’accès, deviennent paradoxalement un outil politique.
    Pourquoi ? Parce qu’elles symbolisent la liberté totale de création. À l’inverse du réalisme socialiste imposé en Union soviétique — un art figuratif, encadré, au service de l’idéologie — l’art abstrait américain donne l’image d’une société ouverte, où tout est possible.
    Des expositions sont organisées à travers le monde, notamment en Europe, pour montrer cette « supériorité culturelle » occidentale. Derrière certaines d’entre elles, on retrouvera, des années plus tard, des financements indirects de la CIA.
    Le cinéma et la musique ne sont pas en reste. Des films, des concerts de jazz — musique emblématique de la liberté américaine — sont diffusés à l’étranger pour séduire les élites intellectuelles et artistiques.
    Tout cela reste longtemps secret. Ce n’est que dans les années 1960 et 1970 que des révélations publiques exposent l’ampleur de ces opérations.
    Cette guerre culturelle pose une question troublante : peut-on vraiment parler d’art libre lorsqu’il est, même indirectement, instrumentalisé par un État ?
    Mais elle révèle surtout une chose essentielle : pendant la guerre froide, gagner les esprits comptait autant que gagner les batailles. Et dans ce combat invisible, les pinceaux, les mots et les notes de musique étaient parfois aussi puissants que les armes.
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En 3 minutes, l'essentiel à connaitre sur un sujet de culture générale. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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