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    Les Gardiens de la Révolution

    02/2/2026 | 2 mins.
    Les Gardiens de la Révolution islamique, appelés en persan Pasdaran, constituent l’un des piliers centraux du régime iranien. Créés en 1979, juste après la révolution qui renverse le Shah, leur objectif initial est clair : protéger le nouveau système politique islamique voulu par l’ayatollah Khomeiny. Contrairement à l’armée classique, chargée de défendre les frontières, les Gardiens de la Révolution sont conçus comme une force idéologique, garante de l’esprit de la révolution.

    Dès le départ, leur mission dépasse le simple cadre militaire. Ils doivent empêcher toute contre-révolution, surveiller les opposants internes et préserver l’influence du clergé chiite au sommet de l’État. Cette logique explique pourquoi les Pasdaran relèvent directement du Guide suprême, l’autorité la plus puissante du pays, et non du président ou du Parlement.

    Sur le plan organisationnel, les Gardiens de la Révolution disposent de forces terrestres, navales et aériennes, mais aussi d’unités spécialisées. La plus célèbre est la Force al-Qods, chargée des opérations extérieures. Elle soutient des alliés de l’Iran au Moyen-Orient, comme le Hezbollah libanais, certains groupes armés en Irak, en Syrie ou au Yémen. Grâce à cette force, l’Iran étend son influence régionale sans engager officiellement son armée.

    À l’intérieur du pays, les Pasdaran contrôlent également les milices Bassidji, une force paramilitaire composée de volontaires. Les Bassidji jouent un rôle majeur dans le maintien de l’ordre, notamment lors des manifestations. Ils sont souvent en première ligne pour réprimer les mouvements de contestation.

    Mais les Gardiens de la Révolution ne sont pas seulement une puissance militaire. Ils sont aussi un acteur économique majeur. Au fil des décennies, ils ont pris le contrôle de vastes secteurs : construction, énergie, télécommunications, transports, banques. De nombreuses entreprises leur appartiennent directement ou indirectement. Cette présence économique leur procure des ressources financières considérables et renforce encore leur poids politique.

    Sur le plan international, les Pasdaran sont perçus de manière très négative par de nombreux pays occidentaux, qui les accusent de soutenir le terrorisme et de déstabiliser la région. Les États-Unis les ont même classés comme organisation terroriste, une décision exceptionnelle pour une force armée d’un État.

    En résumé, les Gardiens de la Révolution forment un véritable « État dans l’État ». Ils protègent le régime, influencent la politique étrangère, contrôlent une partie de l’économie et pèsent lourdement sur la vie quotidienne des Iraniens. Comprendre les Pasdaran, c’est comprendre l’un des rouages essentiels du pouvoir en Iran.
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    BONUS – L'ICE: Quand la police devient anxiogène

    31/1/2026 | 2 mins.
    Les pratiques d’ICE qui posent problème ?

    a) Des arrestations par des agents en civil, masqués, en véhicules banalisés
    Dans de nombreuses interventions, ICE n’apparaît pas comme une police “classique” : pas d’uniforme, pas de voiture marquée, parfois pas de badge visible. Résultat : des interpellations qui ressemblent, pour un témoin, à un enlèvement. Cette opacité alimente la peur — et elle crée aussi un risque très concret : des criminels peuvent imiter ICE pour commettre des agressions ou des vols. C’est précisément ce qu’a documenté PBS, en expliquant que cette stratégie ouvre la porte à des imposteurs.
    b) Le recours à des “ruses” pour approcher ou entrer
    Autre point polémique : ICE peut utiliser des techniques de tromperie, par exemple ne pas dire immédiatement qui ils sont, ou se présenter comme une autre autorité afin d’obtenir une interaction. Dans l’esprit du public, ça brouille la frontière entre “police” et “piège”.
    c) La question des mandats : administratif vs judiciaire

    Et là, on touche à un sujet explosif. Des révélations récentes indiquent qu’un mémo interne aurait encouragé des agents à considérer qu’un document administratif interne (et non un mandat signé par un juge) suffirait pour entrer dans un domicile, ce qui est dénoncé par des juristes comme une remise en cause du 4e amendement.
    ? Ces trois éléments mis ensemble donnent une impression terrible : une police qui agit sans visage, sans signature judiciaire claire, et parfois avec des méthodes de tromperie.

    Pourquoi ICE agit ainsi ?

    a) L’efficacité : arrêter vite, sans fuite
    Le civil + véhicule banalisé = effet surprise. ICE interpelle souvent des personnes identifiées, donc ils veulent éviter l’alerte et la fuite.
    b) La sécurité des agents
    Les autorités invoquent une montée des menaces, du doxxing, et justifient les masques par la protection des familles. DHS communique explicitement sur ce sujet.
    c) Une logique “sécuritaire” plutôt que policière classique
    ICE est né dans l’après-11 septembre, au sein du Homeland Security : sa culture opérationnelle est plus proche de l’intervention fédérale que de la police municipale “de proximité”.

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    L'ICE

    30/1/2026 | 2 mins.
    La police fédérale américaine ICE (Immigration and Customs Enforcement) est en train de redevenir un symbole explosif aux États-Unis. Face aux “débordements” dénoncés sur le terrain — contrôles jugés agressifs, accusations de profilage racial, opérations musclées — une question surgit : ICE est-elle en train de devenir un outil de coercition intérieure, au-delà de sa mission officielle d’immigration ?

    ICE n’est pas la “police normale” américaine. Créée après le 11 septembre 2001 et rattachée au Department of Homeland Security (DHS), ICE est l’agence qui traque et arrête des personnes en situation irrégulière, prépare les expulsions, et gère une partie des centres de détention pour migrants. Son rôle est donc très particulier : elle ne vise pas (en théorie) la criminalité du quotidien, mais la “violation des règles migratoires”.

    Le problème, c’est que cette frontière est souvent floue, et que l’actualité récente a remis ICE sous les projecteurs. Plusieurs affaires et enquêtes évoquent des méthodes de plus en plus dures : à Minneapolis et Saint Paul (Minnesota), des responsables locaux ont signalé des cas où des agents ICE auraient ciblé des personnes, y compris des policiers hors service, en raison de leur apparence — ce qui alimente les accusations de contrôles discriminatoires. Dans un cas rapporté, une agente de police aurait même été encerclée, sommée de prouver sa citoyenneté, avant que la situation ne se désamorce. ICE et le DHS contestent ces accusations, niant tout profilage.

    Mais ce n’est qu’une facette du débat. La controverse la plus grave touche au cadre juridique : selon une note interne révélée par l’Associated Press, ICE aurait adopté une interprétation extrêmement large de ses pouvoirs, allant jusqu’à autoriser des entrées dans des domiciles sans mandat signé par un juge, en s’appuyant sur des documents administratifs. Pour de nombreux juristes, cela contredit de front l’esprit du 4e amendement (protection contre les perquisitions abusives) et risque de créer une zone grise dangereuse.

    À cela s’ajoute le contexte politique : multiplication des raids, intensification des arrestations, extension de capacités de détention. La presse américaine décrit des projets de centres de détention géants et une logique de volume, qui accentue encore la perception d’une “machine” plutôt qu’un service de sécurité ciblé.
    Enfin, un chiffre glace : 2025 aurait été l’année la plus meurtrière depuis deux décennies dans les centres de détention ICE, selon une enquête de presse, ce qui nourrit l’idée d’un système sous tension — et potentiellement hors de contrôle.

    Conclusion simple : ICE est à la fois une agence administrative et un instrument coercitif très puissant. Dans les périodes de durcissement, elle devient une “arme” intérieure : pas une dissuasion géopolitique comme SAP, mais un levier d’État qui peut intimider, polariser et fragiliser la confiance. Le risque majeur ? Qu’ICE ne soit plus perçue comme un service d’exécution du droit, mais comme une force politique — et, dans une démocratie, c’est le point de bascule.
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    BONUS – Le logiciel SAP: et si les Etats Unis coupaient Visa et Mastercard en Europe ?

    29/1/2026 | 2 mins.
    D’abord, un rappel essentiel : Visa et Mastercard ne sont pas des banques, ce sont des réseaux. Ils gèrent l’autoroute technique qui permet à votre carte de fonctionner : autorisation, sécurité, échanges entre banques, etc. Or, ces deux réseaux sont américains, avec des infrastructures et une gouvernance soumises — en partie — au droit américain.

    Donc, est-ce possible ?
    Oui… mais pas du jour au lendemain pour “toute l’Europe”.

    Ce qui est crédible, c’est une coupure ciblée : par exemple en cas de sanctions, comme on l’a vu quand Visa et Mastercard ont suspendu des établissements russes après 2022.

    Autrement dit : techniquement, ils savent couper.

    Mais une coupure générale de l’Europe serait une autre affaire : économiquement et politiquement, ce serait un séisme — et aussi un suicide commercial. Visa et Mastercard gagnent énormément d’argent en Europe. Et surtout : l’Europe pourrait répliquer.

    Les conséquences, elles, seraient très concrètes :
    cartes bancaires refusées,
    paiements en ligne bloqués,
    Apple Pay / Google Pay fragilisés (car souvent adossés à Visa/Mastercard),
    panique temporaire des commerçants et du tourisme.

    Mais attention : cela ne voudrait pas dire “plus aucun paiement”. Parce que l’Europe a déjà des rails alternatifs. Par exemple en France, Cartes Bancaires (CB) représente une grosse part des paiements domestiques et peut fonctionner indépendamment sur le territoire. Reuters rappelait récemment l’importance de CB, y compris pour contourner les coûts Visa/Mastercard.

    Et l’Europe accélère un plan B : l’initiative EPI et son portefeuille Wero, destinée à créer un paiement européen unifié, de personne à personne, en ligne, puis en magasin.

    Le Parlement européen lui-même parle d’une dépendance structurelle de l’UE vis-à-vis des réseaux non-européens.
    Conclusion : ce n’est pas un mythe, mais ce n’est pas un interrupteur magique non plus. C’est surtout un signal : dans le monde d’aujourd’hui, même votre carte bancaire… est un enjeu géopolitique.

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    Le logiciel SAP

    28/1/2026 | 2 mins.
    Le logiciel allemand SAP, utilisé par 80 à 90 % des 500 plus grandes entreprises mondiales, constitue-t-il une arme de dissuasion numérique pour l’Europe face aux menaces américaines sur le Groenland ? La menace de censurer le logiciel pourrait être brandie si les Etats-Unis menace, eux, de couper des services essentiels comme Visa ou Microsoft en Europe.

    L’exemple russe montre l’efficacité de cette arme : après la coupure progressive de SAP entre 2022 et 2024, les entreprises russes subissent encore des dommages considérables, avec des coûts de remplacement se chiffrant en milliards et un délai pouvant aller jusqu’à sept ans pour migrer vers un autre logiciel.
    Cependant, utiliser cette « arme nucléaire numérique » comporterait des risques majeurs pour l’Europe elle-même, et doit être, pour parfaire la comparaison atomique, une menace de dissuasion plus qu’une option sérieusement envisagée.

    SAP n’est pas une application que l’on installe pour “faire de la bureautique” : c’est le logiciel qui fait tourner la mécanique interne des grandes entreprises. Dans beaucoup de groupes industriels, de compagnies d’énergie, de transport, de distribution ou de pharmaceutique, SAP sert à organiser ce qui est vital mais invisible : acheter les matières premières, gérer les stocks, planifier la production, payer les fournisseurs, facturer les clients, suivre les livraisons et enregistrer toutes les opérations comptables. En clair : si SAP s’arrête brutalement, l’entreprise n’explose pas immédiatement… mais elle commence à fonctionner au ralenti, puis à l’aveugle.

    C’est pour cela que SAP est souvent comparé à une “colonne vertébrale”. On peut remplacer un logiciel de visioconférence ou de messagerie en quelques semaines. Remplacer SAP, c’est une autre histoire : le logiciel est profondément imbriqué dans les procédures, les équipes, les systèmes informatiques, et parfois même dans la façon dont l’entreprise est organisée. Dans certains cas, SAP pilote des dizaines de milliers de références produits, des centaines d’usines, des entrepôts, des flux internationaux… et des milliards d’euros de transactions.

    Le cas russe est devenu une sorte de démonstration grandeur nature : quand l’accès à SAP a été réduit puis coupé, il ne s’est pas produit une “panne” spectaculaire du jour au lendemain, mais une lente fragilisation. Les entreprises ont dû bricoler, accélérer des migrations difficiles, recruter des spécialistes rares, et investir des sommes énormes pour reconstruire des systèmes alternatifs — souvent moins performants, parfois incompatibles entre eux. Et surtout : plus le SAP d’origine était central, plus le remplacement est long, coûteux et risqué.

    D’où l’idée, en Europe, d’une dissuasion : puisque SAP est européen, pourrait-on, en théorie, menacer de “couper SAP” aux États-Unis comme riposte à une éventuelle coupure de services américains essentiels en Europe (paiement, cloud, systèmes Microsoft, etc.) ? Dit autrement : transformer SAP en levier géopolitique.

    Mais cette arme serait à double tranchant. D’abord parce qu’une censure toucherait aussi les filiales européennes de groupes américains et des milliers de chaînes logistiques imbriquées. Ensuite parce que l’Europe dépend elle-même de nombreux services numériques américains : escalader pourrait déclencher une guerre économique dont les entreprises européennes seraient parmi les premières victimes. Enfin, parce qu’utiliser SAP comme outil de coercition abîmerait sa crédibilité mondiale : quelle multinationale voudrait baser son fonctionnement sur un logiciel “politique” dont l’accès peut être coupé demain ?

    Conclusion simple : SAP peut être vu comme une force stratégique européenne, et donc comme une forme de dissuasion numérique. Mais comme pour la dissuasion militaire, sa puissance réside surtout dans le fait de ne pas l’utiliser.
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En 3 minutes, l'essentiel à connaitre sur un sujet de culture générale. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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Generated: 2/2/2026 - 3:19:27 PM